Il y a des après-midis où l’arène devient un tribunal sévère, où le toro impose sa loi et où les toreros, pourtant volontaires, ne récoltent que la poussière du combat. La corrida de Pedraza de Yeltes, ce 27 mai à Las Ventas, fut de celles-là : sérieuse, dure, inégale, et d’une exigence qui ne pardonne rien.
De présentation irréprochable mais derrière l'esthétique un lot irrégulier, souvent éteint à la sortie puis violent ou brouillon dès qu'il fallait humilier.
Deux exemplaires sortent du lot, le troisième qui poussa fort au cheval et arriva au dernier tiers avace une transmission aussi excitante que périlleuse et le sixième qui lui aussi fut brave au cheval et offrit du jeu à la muleta.
Avec le lot, Jarocho, au début dépassé par cet encasté troisième, s'engagea dans un combat pour arracher cinq naturelles de haut vol. Epée défaillante mais saluts pour Jarocho et applaudissements au toro. Devant le sixième, Jarocho montra là aussi du potentiel avec des naturelles au ralenti, longues et profondes qui firent vibrer Las Ventas. Hélas une fois de plus l'épée le trahit.
Le mexicain Isaac Fonseca, silence devant le premier toro eteint et saluts devant son second qui le propulsa dans les airs en entame de faena. Il revint au combat et montra tout son courage devant un toro qui n'offrait rien. Saluts.
José Fernando Molina, mal servi au sorteo avec un lot sans options, fit ce qu'il put mais impossible de construire un brin de faena avec des toros arrêtés. Silence aux deux.
Photo et vidéo Plaza 1